Le Club des pendus

Tony Parsons, Anne Renon

 
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À Londres, les bourreaux sont de retour.

Ils ont décidé de rétablir la peine capitale.
Ils forment un étrange club avec pour modèle le célèbre bourreau anglais Albert Pierrepoint, responsable de plus de quatre cent cinquante exécutions au siècle dernier. Et c’est par la corde qu’ils ont décidé de punir violeurs d’enfants, chauffards et autres délinquants qui réussissent à échapper au système judiciaire.

La conscience du détective Max Wolfe le tourmente.
La justice est-elle vraiment là où on le croit ? Qui sont ces citoyens-vengeurs ? Pour y répondre, Max devra s’enfoncer dans les entrailles de la ville, là où les vestiges du passé ont encore une emprise sur les vivants.

Dans un Londres caniculaire, plus que jamais le bien et le mal se confondent.

La série d’enquêtes de Max Wolfe, dont font partie Des garçons bien élevés et Les anges sans visage, a été traduite dans près de vingt pays. Ancien journaliste de punk rock, Tony Parsons a connu un immense succès mondial avec son roman Un homme et son fils, vendu à plus de deux millions d’exemplaires. Il se consacre aujourd’hui à l’écriture de romans policiers.

TEXTE
Littérature
140 x 225 mm - 336 pages
21 septembre 2017 - 9782732484570
21 €
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Tony Parsons, Anne Renon

Né dans le Comté d’Essex, en Angleterre, Tony Parsons abandonne ses études à l’âge de 16 ans ; les jobs mal payés qu’il enchaîne lui laissent le temps de se consacrer à son seul vrai but : la littérature. C’est à la distillerie Gordon’s qu’il commence à écrire son premier roman. Il en conservera une allergie pour le gin toute sa vie… Devenu journaliste, spécialisé dans le punk-rock, il traîne avec les Sex Pistols, enchaîne femmes, drogues et nuits sans sommeil.

Dix ans plus tard, changement de vie : il connaît un immense succès mondial avec Man and Boy (Un homme et son fils, Presses de la cité, 2001), publié dans 39 langues, vendu à plus de deux millions d’exemplaires, lauréat du British Book Award.

Des garçons bien élevés (2015) et Les Anges sans visage (2016) sont publiés en France aux Éditions de La Martinière.

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Le Club des pendus

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29 novembre 2017

Tony Parsons affûte son talent pour un troisième polar toujours plus intense, plus sombre et déchirant. Quand des citoyens décident de rendre justice par eux-mêmes en s’inspirant des exécutions du dernier bourreau anglais Albert Pierrepoint, l’enquêteur Max Wolfe vacille : le bien est-il vraiment là où on pense ?

EXTRAIT :

Après les prières du vendredi, Mahmud Irani retourna à son taxi. Quelques minutes plus tard, il avait pris à son bord l’homme qui le tuerait. L’homme était posté face à l’entrée du zoo de Londres, vêtu d’un costume et d’une cravate, sa veste boutonnée malgré la chaleur qui régnait en plein midi. Ses yeux cachés derrière des lunettes noires, un bras déjà levé pour héler le taxi, comme s’il savait que Mahmud Irani allait emprunter la rocade extérieure de Regent’s Park aussitôt après ses prières. Comme s’il savait que ce chauffeur était sur le point d’arriver. Comme s’il l’attendait. Mahmud s’arrêta à sa hauteur. La chaleur rendait l’odeur des animaux du zoo âcre et prégnante. – Je prends que du liquide, OK ? dit Mahmud. L’homme hocha la tête puis jeta un œil sur son Iphone et le montra au chauffeur. Sur l’écran, un point rouge sur une carte de la City indiquait leur destination.

Newgate Street, EC1.

C’était à moins de six kilomètres mais il leur faudrait traverser le centre-ville à l’heure de pointe du déjeuner. Mahmud grommela et fit signe à l’homme de s’installer sur la banquette arrière. Ils firent route vers l’est en silence dans la touffeur de la capitale. Mahmud s’engageait dans Newgate Street lorsqu’il vit dans son rétroviseur intérieur son passager sortir un étui à cartes de crédit. Mahmud soupira. Combien de fois fallait-il le répéter à ces imbéciles ?
 – Je prends que du liquide, dit-il plus sèchement cette fois tout en tirant sur le tissu trempé de sueur de son polo. Mais ce n’était pas une carte de crédit que l’homme tirait de sa pochette en cuir. Il se pencha entre les deux sièges avant et posa avec fermeté une lame de rasoir sur la paupière gauche de Mahmud Irani. Mahmud bloqua sa respiration. Il sentit la lame froide et acérée s’enfoncer légèrement dans les plis de sa peau, juste sous les sourcils. La paupière battait intempestivement contre la lame. La terreur envahissait Mahmud.
– Je vous en prie, dit-il. Je vous en prie. Prenez mon argent et laissez-moi. Il est sous le siège. L’homme ricana.
– Je veux pas de ton fric. Continue à conduire. Tout doux maintenant. En plein cauchemar, Mahmud, un œil fermé, tâcha de se concentrer sur la route devant lui. Il suivit les indications du passager et tourna à gauche au bout de la rue sur un gigantesque chantier de construction déserté. Ils venaient d’entrer dans l’une de ces bulles de silence qui vous surprennent au beau milieu de la ville. On y érigeait une autre tour de verre et d’acier, mais personne n’était venu travailler cet après-midi-là. Ils étaient seuls. Juste devant eux, soudain, s’ouvrait un trou béant dans le terrain cabossé.
 – Descends là, ordonna l’homme.
– J’ai une femme et des enfants.
 – C’est trop tard, mon vieux. L’homme appuya plus fort la lame, Mahmud sentit son œil tressaillir. Il s’engagea dans la descente, un dos d’âne, des gravats, et ils se retrouvèrent dans la pénombre d’un vaste sous-sol. Quel était cet endroit ? Mahmud était incapable de dire si ce lieu avait un jour été un parking souterrain ou bien s’il le deviendrait. Tout ce qu’il voyait n’était qu’un immense espace vide avec un plafond très bas, sans lumière si ce n’est quelques rais de soleil qui lui rappelaient que c’était l’été dehors.
– Où allons-nous ? ne put s’empêcher de demander Mahmud. Cette fois, l’homme fit pénétrer la lame dans la chair, tout doucement, et incisa la paupière de Mahmud qui se mit à crier de douleur. Un mince ilet de sang chaud suinta. Il n’osa plus dire un mot. Ils descendirent de voiture.

 

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Le club des pendus

Tony Parsons

21 € - 336 pages